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E-credits pour entreprises : à partir de quand deviennent-ils vraiment rentables ?

E-credits pour entreprises : à partir de quand deviennent-ils vraiment rentables ? Infrastructure de recharge

Vos bornes de recharge fournissent de l’électricité à des voitures électriques. Depuis 2024, ce même courant peut aussi vous rapporter de l’argent grâce à un mécanisme baptisé e-credits. Sur le papier, c’est séduisant — mais cela implique des démarches administratives et 1 050 € de frais d’enregistrement par an. Avant d’y consacrer du temps, l’essentiel : combien cela rapporte-t-il concrètement, et à partir de quand cela dépasse-t-il les coûts ?

 

En bref

  • De quoi s’agit-il ? Pour chaque kWh fourni via une borne (semi-)publique, vous obtenez une fraction d’« e-credit ». Vous la revendez aux fournisseurs de carburants, qui en ont besoin pour remplir leurs obligations légales.
  • Combien cela coûte-t-il ? 1 050 € par an de frais d’enregistrement, plus le temps consacré à la déclaration de vos volumes de recharge.
  • Combien cela rapporte-t-il ? À un prix de marché de 8 à 12 € par crédit, chaque kWh rechargé rapporte environ 3,6 à 5,4 centimes d’euro.
  • À partir de quand est-ce rentable ? À partir d’environ 20 000 à 30 000 kWh par an, le revenu couvre les frais d’enregistrement. Au-delà, tout est bénéfice. À titre de comparaison : c’est ce que consomment en un an quelques bornes très sollicitées, ou un chargeur rapide DC à occupation moyenne.
  • Qui est concerné ? Les bornes publiques et semi-publiques, toujours ; les bornes privées à partir de 50 kW de puissance cumulée à une même adresse. La recharge au domicile des particuliers est exclue.

Nous détaillons ci-dessous le calcul pas à pas, nous expliquons l’origine du système et nous montrons comment vous y prendre concrètement.

Table des matières

  1. À partir de quand est-ce rentable ? (exemple de calcul)
  2. À qui cela s’adresse-t-il ?
  3. Que sont les e-credits, en langage clair
  4. Qui est concerné ?
  5. Combien vaut un e-credit aujourd’hui ?
  6. Comment se déroule l’enregistrement, étape par étape ?
  7. Pour les curieux : la formule de calcul
  8. La Belgique face à l’étranger
  9. Comment Powerland vous accompagne
  10. Questions fréquentes

 

1. À partir de quand est-ce rentable ?

C’est la première question à se poser avant de s’intéresser au système. Il y a deux coûts fixes : les 1 050 € d’enregistrement annuel, et le temps que demande la déclaration. En face, vous touchez un petit montant par kWh rechargé. Dès que ce montant dépasse 1 050 €, vous êtes gagnant.

L’ordre de grandeur : 1 kWh rapporte environ 0,0045 e-credit (pourquoi ? voir la section 7 plus bas). À un prix de marché de 8 à 12 € par crédit, cela donne 3,6 à 5,4 centimes d’euro par kWh rechargé.

Volume annuel Revenu à 8 €/crédit Revenu à 12 €/crédit Rentable (coût de 1 050 €) ?
10 000 kWh ≈ 360 € ≈ 540 € Pas encore — le coût dépasse le revenu
25 000 kWh ≈ 900 € ≈ 1 350 € Proche du seuil de rentabilité
100 000 kWh ≈ 3 600 € ≈ 5 400 € Largement au-dessus du coût — bénéfice net
250 000 kWh ≈ 9 000 € ≈ 13 500 € Solide source de revenus complémentaire

Conclusion : en dessous de 20 000 à 30 000 kWh par an (selon le prix du marché à ce moment-là), s’enregistrer soi-même n’est peut-être pas rentable. Au-dessus de ce volume — vite atteint avec quelques bornes très sollicitées ou un chargeur rapide DC — cela devient une source de revenus régulière et quasi sans frais, puisque vous fournissez de toute façon l’électricité.

Vous n’atteignez pas ce seuil ? Inutile alors de vous enregistrer vous-même. En pratique, la déclaration des plus petits exploitants passe souvent par un acteur déjà enregistré dans le registre RET — par exemple votre CPO (Charge Point Operator) — qui intègre vos volumes à sa propre déclaration et partage le revenu avec vous selon un accord commercial. Vous n’avez donc pas à assumer seul les 1 050 € de frais annuels. Nous expliquons notre manière de procéder à la section 9, « Comment Powerland vous accompagne ».

Calculez vos e-credits & votre seuil de rentabilité

Indiquez votre volume de recharge annuel et voyez immédiatement le revenu estimé, ainsi que si les frais d’enregistrement du registre RET sont couverts.

Nombre total de kWh que l’ensemble de vos points de recharge fournit chaque année aux véhicules.
10 €
Prix indicatif (été 2026) : environ 8 à 12 € par crédit. Le marché est libre et fluctue — ajustez-le selon votre situation.
Nombre d’e-credits par an-
Revenu brut par an-
Frais d’enregistrement RET (annuels, part variable incluse)-
Résultat net par an-
 

Calcul indicatif basé sur 1 kWh ≈ 0,0045 e-credit (conversion en GJ x multiplicateur légal 4 x part d’énergie renouvelable du mix belge 2024). Frais d’enregistrement du registre RET : 1 050 €/an + 0,0032 € par GJ (hors TVA), source : SPF Économie. Le prix du marché est un prix indicatif fluctuant, et non un tarif officiel. Ce calcul n’a aucune valeur contractuelle.

Un doute sur votre situation ? Demandez un scan de recharge gratuit

2. À qui cela s’adresse-t-il ?

La logique du seuil de rentabilité ci-dessus est la même pour tous les secteurs : plus votre volume de recharge est élevé et prévisible, plus vite vous amortissez les frais d’enregistrement. Concrètement, selon le type d’organisation :

  • Exploitants de parcs de recharge et CPO. Le public le plus évident : plus il y a de points de recharge et plus le taux d’occupation est élevé, plus le revenu grimpe vite. Souvent bien au-dessus du seuil de rentabilité, surtout avec plusieurs chargeurs rapides DC.
  • Transporteurs et entreprises logistiques. Une flotte d’entreprise qui regagne son dépôt le soir ou la nuit génère des volumes de recharge très prévisibles et souvent élevés. Ces entreprises franchissent généralement vite le seuil de 50 kW, et des plages de recharge fixes simplifient la déclaration.
  • Garagistes et concessionnaires (automotive). Souvent négligé : les bornes destinées aux essais, aux véhicules clients et aux visiteurs du showroom comptent comme points de recharge semi-publics dès qu’elles sont accessibles aux visiteurs. Le flux de clients génère un volume supérieur à ce que l’on imagine.
  • Pouvoirs publics et communes. Les bornes publiques sur le domaine communal sont par définition éligibles comme points de recharge publics. Pour les communes et intercommunales, c’est un moyen de financer en partie le déploiement et l’exploitation de leur propre réseau de recharge, plutôt que d’en supporter seules tout le coût.
  • Parcs d’affaires et immobilier en emplacement AAA. Les parcs de bureaux et d’activités situés à un emplacement de premier choix (site AAA : forte visibilité, important flux piétonnier et routier) attirent généralement plus de visiteurs, donc plus de sessions de recharge, qu’un site comparable en emplacement B ou C. Pour les gestionnaires immobiliers qui envisagent un parc de recharge sur un tel site, le seuil de rentabilité est atteint d’autant plus vite. Plus d’informations sur notre page immobilier & parkings.

 

3. Que sont les e-credits, en langage clair ?

Les fournisseurs de carburants (les entreprises qui mettent l’essence et le diesel sur le marché) ont l’obligation légale de prouver chaque année une part croissante d’énergie renouvelable. D’ici 2030, cette part doit atteindre au moins 14 %. Ils ont deux moyens d’y parvenir :

  1. Incorporer eux-mêmes des biocarburants à leurs carburants fossiles.
  2. Acheter des e-credits à ceux qui fournissent déjà de l’énergie renouvelable au transport routier — comme vous, en tant qu’exploitant d’une borne de recharge.

C’est ainsi qu’un marché se crée : vous fournissez (déjà) de l’électricité verte à des voitures électriques, les fournisseurs de carburants ont besoin d’une preuve d’énergie renouvelable, et les e-credits sont la monnaie d’échange. Ce n’est pas une subvention, mais un certificat négociable dont le prix fluctue selon l’offre et la demande — comme pour les quotas d’émission de CO2.

Depuis le 1er janvier 2024, le système repose sur le Registre des énergies renouvelables dans les transports (registre RET), géré par le SPF Économie. Il est ancré dans la loi du 31 juillet 2023 et l’arrêté royal du 14 décembre 2023, en transposition de la directive européenne (UE) 2018/2001 (RED II, depuis renforcée par RED III).

4. Qui est concerné ?

Type de point de recharge Condition Exemple
Public Accessible en permanence à tous les utilisateurs de VE, sur un terrain public ou accessible au public Parc de recharge en bord de route, parking de centre commercial
Semi-public Accessible à tous les utilisateurs de VE, y compris sur terrain privé Parking d’entreprise où visiteurs et clients peuvent recharger
Privé Au moins 50 kW de puissance cumulée à une même adresse, propriété d’une personne morale ou exploité par elle Recharge de flotte interne, dépôt logistique

Pour un point de recharge privé, ce n’est pas le nombre de bornes qui compte, mais la puissance totale à cette adresse. Cinquante kW peuvent donc s’atteindre de plusieurs manières : par exemple avec un seul chargeur rapide DC de 50 kW ou plus, avec deux points de recharge de 25 kW ou plus chacun, ou avec trois points de recharge d’environ 17 kW ou plus chacun (comme trois fois 22 kW). Tant que la somme à une même adresse atteint 50 kW, cela compte — quelle que soit la répartition exacte.

Attention, ne comptent pas : une borne au domicile d’un particulier, même lorsqu’elle a été installée via l’employeur (par exemple une borne à domicile pour une voiture de société, payée ou fournie par l’entreprise). Selon le SPF Économie, cela reste exclu même lorsque le point de recharge appartient à une personne morale ou à un citoyen — le fait d’en être propriétaire ne change donc rien à l’exclusion.

Vous hésitez sur l’éligibilité d’un point de recharge dans votre situation (par exemple en cas d’usage mixte d’une adresse) ? Faites-le confirmer au préalable par la Direction générale de l’Énergie du SPF Économie (oil-biofuels@economie.fgov.be), avant d’ouvrir un dossier d’enregistrement.

Un compteur certifié par point de recharge (EMI3 ou MID) rend votre déclaration plus précise. Sans compteur dédié, vous déclarez par station ou par pool de recharge via le numéro EAN — c’est également possible, mais un peu moins précis.

5. Combien vaut un e-credit aujourd’hui ?

Le prix se fixe sur le marché libre, et non par les autorités. Il fluctue donc fortement. À titre indicatif, sur la base de rapports de marché publics des deux dernières années :

Période Prix indicatif par crédit
Mi-2025 ≈ 13 à 15 €
Fin 2025 ≈ 17 à 18 € (pic)
Printemps 2026 ≈ 10 à 12 €
Été 2026 ≈ 8 à 12 €

Le prix a baissé ces derniers mois surtout en raison d’une offre plus abondante (notamment via le transport ferroviaire). Ces chiffres sont des observations de marché, pas des tarifs officiels — demandez toujours un prix actuel juste avant de vendre.

6. Comment se déroule l’enregistrement, étape par étape ?

  1. Vérifiez votre éligibilité — public, semi-public, ou privé à partir de 50 kW à une même adresse.
  2. Assurez-vous de disposer de données de mesure fiables — par point de recharge (EMI3/MID) ou par station/pool de recharge (EAN).
  3. Créez un compte principal dans le registre RET et payez la cotisation annuelle (1 050 €, hors TVA).
  4. Enregistrez chaque semaine vos volumes rechargés et soumettez-les chaque trimestre, au plus tard deux semaines après la fin du trimestre.
  5. Validation par le SPF Économie — les e-credits sont octroyés environ deux mois plus tard.
  6. Vendez sur le marché libre — directement à un fournisseur de carburants, ou via un courtier.
  7. Enregistrez le transfert dans le registre, avec une référence à un contrat ou une facture. L’acheteur dispose de 5 jours pour l’accepter.
  8. Recevez le paiement. Attention : les e-credits octroyés restent valables jusqu’au 30 avril de l’année suivante — vendez à temps.

7. Pour les curieux : la formule de calcul

Vous voulez refaire le calcul vous-même plutôt que d’utiliser l’ordre de grandeur ? Voici la conversion officielle des kWh en e-credits, en trois étapes :

  1. Conversion en énergie : 1 kWh = 0,0036 gigajoule (GJ). Un e-credit équivaut à 1 GJ d’énergie renouvelable.
  2. Multiplicateur légal : pour l’électricité dans le transport routier, un multiplicateur de 4 s’applique ; il tient compte de l’efficacité énergétique supérieure d’un moteur électrique par rapport à un moteur thermique.
  3. Part d’énergie renouvelable dans le mix électrique belge, mesurée deux ans plus tôt (pour l’année de déclaration 2026, donc le mix de 2024, alors renouvelable à environ 31 %).

Au total, cela donne environ 0,0045 e-credit par kWh. Ce chiffre varie légèrement chaque année avec le mix énergétique belge.

Pourquoi l’électricité « grise » compte-t-elle aussi comme renouvelable ?

Question légitime : tous les kWh de votre borne ne proviennent pas de panneaux solaires ou d’une autre énergie renouvelable. C’est exact — et pourtant chaque kWh rechargé compte. Ce n’est pas une faille du système, mais un choix délibéré :

  • Il s’agit d’une attribution statistique, pas d’une électricité traçable. Comme pour les contrats « 100 % électricité verte » des fournisseurs d’énergie, vous recevez physiquement les mêmes électrons que tout le monde sur le réseau. La part « verte » n’est pas mesurée par prise, mais déduite du mix électrique belge moyen (environ 31 % de renouvelable en 2024) — c’est l’étape 3 de la formule ci-dessus.
  • Le multiplicateur 4 n’est pas un « bonus pour l’électricité verte ». Il compense le fait qu’un moteur électrique est bien plus efficace qu’un moteur thermique, et constitue donc un choix politique pour encourager la mobilité électrique — indépendamment du degré de verdissement exact du réseau à ce moment-là.
  • En clair : les e-credits ne prouvent pas que « cette électricité précise provient d’un panneau solaire ». Ils répercutent la part d’énergie renouvelable du réseau national sur le secteur des transports, et récompensent davantage l’électrification en raison de son efficacité. Certains observateurs soulignent à juste titre que le système mesure ainsi du « vert sur papier », pas du « vert à la prise » — une simplification délibérée, inscrite dans la législation, et non un piège caché.

8. La Belgique face à l’étranger

Les Pays-Bas, la France et l’Allemagne ont des systèmes comparables sous RED II/III, avec des prix indicatifs généralement entre 2 et 8 centimes d’euro par kWh. À mesure que davantage de pays voisins passent aux normes plus strictes de RED III, la demande de crédits — et donc le prix — pourrait encore évoluer.

9. Comment Powerland vous accompagne

Chez de nombreux prestataires, l’accompagnement e-credits est un service à part : un courtier qui attend de vous que vous fournissiez vous-même les exports de votre système de bornes. Chez Powerland, cette étape est déjà incluse. En tant que concepteur, installateur et gestionnaire de votre infrastructure de recharge, nous collectons de toute façon les données de mesure exigées par le registre RET, via notre propre plateforme CPO :

Comme nous installons et gérons nous-mêmes l’infrastructure de recharge physique, vous n’avez pas besoin de faire appel à un tiers pour les données sous-jacentes. Un maillon en moins, c’est du temps gagné et moins de risques d’erreur.

Sous le seuil de rentabilité ? Nous cherchons alors avec vous comment faire valoir malgré tout vos volumes, par exemple en passant par un acteur déjà enregistré, avec un partage convenu du revenu — pour que vous n’ayez pas à supporter seul les 1 050 € d’enregistrement annuel. Nous évaluons au cas par cas ce qui est faisable et le plus avantageux.

Envie de savoir si votre infrastructure de recharge dépasse le seuil de rentabilité ? Demandez un scan de recharge gratuit ou contactez-nous au +32 57 69 01 05 ou à info@powerland.be.


Sources : SPF Économie, Direction générale de l’Énergie — « Registre des énergies renouvelables dans les transports, FAQ » (economie.fgov.be) ; registre RET (ret-register.be) ; loi du 31 juillet 2023 relative aux normes de produits pour l’intégration d’énergie produite à partir de sources renouvelables dans les carburants fossiles pour moteurs ; arrêté royal du 14 décembre 2023 relatif aux modalités du registre ; directive (UE) 2018/2001 du Parlement européen et du Conseil (RED II). Les indications de prix du marché sont des observations issues de rapports sectoriels publics, ne proviennent pas du SPF Économie lui-même et sont données à titre purement indicatif.

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